Comprendre le développement émotionnel du tout-petit (0–3 ans)
Avant 3 ans, l’enfant vit ses émotions sans filtre. Son cerveau émotionnel (limbique) domine, tandis que le cortex préfrontal, siège de la régulation, est encore immature. Il ne peut donc pas “se calmer seul” : c’est la présence sécurisante de l’adulte qui l’aide à traverser ce qu’il ressent.
Comme l’explique le neuropsychiatre Boris Cyrulnik : “C’est à travers l’émotion que l’enfant apprend à se connaître et à comprendre le monde.”
1) La joie : l’émotion de la découverte
La joie est la première émotion que l’on perçoit chez le tout-petit. Elle éclot dès les premières semaines sous forme de sourires, rires et babillages. C’est une émotion essentielle qui renforce les liens d’attachement et encourage la curiosité.
Favorisez ces moments par des jeux libres, des regards bienveillants et des encouragements. La joie nourrit le sentiment de sécurité intérieure.
2) La colère : une émotion nécessaire
Vers 18 mois, l’enfant découvre le “non”. Il affirme sa volonté, expérimente ses limites, et la colère devient un moyen d’expression. Elle ne traduit pas de la méchanceté, mais un besoin d’autonomie. Face à la colère, l’adulte reste le “pilier calme” : nommer l’émotion (“Tu es très en colère, je comprends”), contenir physiquement si nécessaire, puis accompagner le retour au calme.
Comment accompagner les émotions de mon bébé ?
3) La peur : un signal de protection
La peur apparaît dès la première séparation. Elle aide l’enfant à identifier les situations inconnues et à chercher la sécurité auprès de l’adulte. Ne cherchez pas à supprimer la peur : accompagnez-la avec des mots et des gestes rassurants.
Les routines, la douceur du ton et les objets transitionnels (comme un doudou) renforcent la confiance.
Le rôle du parent comme guide émotionnel
L’enfant apprend par imitation. En observant un parent qui accueille ses propres émotions, il découvre que celles-ci peuvent être vécues et apaisées sans peur. Accompagner les émotions du tout-petit, c’est lui apprendre qu’il a le droit de ressentir et qu’il n’est jamais seul face à ce qu’il vit.