« Arrête ça tout de suite ! » « Dépêche-toi, tu fais toujours tout lentement… » « Ce n’est pourtant pas compliqué. » Ces phrases, beaucoup de parents les ont déjà prononcées. Souvent dans la fatigue, parfois dans l’urgence, presque toujours sans mauvaise intention. Pourtant, les mots du quotidien laissent une trace. Dès le plus jeune âge, les paroles adressées à un enfant participent à la construction de son estime de soi. Certaines soutiennent, d’autres fragilisent sans le vouloir.
Dans cet article, nous vous aidons à repérer les mots qui nourrissent la confiance… et ceux qu’il est possible de transformer avec plus de justesse et de bienveillance.
Pourquoi les mots façonnent l’estime de soi chez l'enfant?
Les paroles répétées deviennent peu à peu une voix intérieure chez l’enfant. Elles influencent sa manière de se percevoir, d’oser, d’essayer et de se tromper. Un mot encourageant sécurise. Un mot dur, même involontaire, peut installer le doute. L’enjeu n’est pas d’être parfait, mais conscient.
« Les paroles bienveillantes structurent la sécurité intérieure de l’enfant. » — Boris Cyrulnik
Ces paroles du quotidien qui fragilisent sans le vouloir
| Situation | Parole fréquente | Message implicite |
|---|---|---|
| L’enfant est lent | « Dépêche-toi ! » | Je ne suis jamais assez rapide |
| Il se trompe | « Ce n’est pas compliqué » | Je ne suis pas capable |
Transformer ses mots pour soutenir la confiance
| Situation | Parole ajustée | Effet |
|---|---|---|
| L’enfant est lent | « Je vois que tu prends ton temps » | Mon rythme est respecté |
| Il se trompe | « Tu es en train d’apprendre » | J’ai le droit d’essayer |
Parler avec bienveillance, pas avec perfection
L’essentiel n’est pas d’éviter toute maladresse, mais de pouvoir ajuster, réparer et expliquer. Revenir vers son enfant, poser des mots simples et reconnaître ses émotions permet de réparer le lien. L’enfant apprend ainsi que les relations peuvent se réparer.
En micro-crèche comme à la maison
En micro-crèche, les professionnels veillent à nommer les émotions, valoriser les efforts et accompagner sans étiqueter. Retrouver ces paroles à la maison renforce les repères et la sécurité affective de l’enfant.